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22-25 avril 2013 : « Saint-Louis du Sénégal et La Nouvelle-Orléans : Deux villes en miroir, XVIIe-XXIe siècle », à la Nouvelle-Orléans.

22-25 avril 2013 : « Saint-Louis du Sénégal et La Nouvelle-Orléans : Deux villes en miroir, XVIIe-XXIe siècle », à la Nouvelle-Orléans.

Deux villes en miroirs, XVIIe et XXIe siècle

par Emily Clark,Tulane University (New Orleans, LA, États-Unis), , Ibrahima Thioub, Centre Africain de Recherche sur les Traites et les Esclavages (CARTE), Université Cheikh Anta Diop (Dakar, Sénégal), , et Cécile Vidal, EHESS, CENA / Mondes Américains (Paris, France)

Présentation

Fondées respectivement en 1659 et en 1718 à proximité de l’embouchure des fleuves Sénégal et Mississippi, Saint-Louis et La Nouvelle-Orléans constituaient deux villes importantes du monde atlantique, de la diaspora africaine et de l’empire français du XVIIe au XXe siècle. Elles partagent une histoire commune autour de la traite, de l’esclavage et de la colonisation française. Il existe ainsi de nombreuses connections et résonances entre l’histoire des deux cités portuaires. Pour autant, les deux villes se trouvaient dans une situation coloniale très différente. C’est autour de ce concept fécond, proposé par Georges Balandier en 1951, que nous voudrions interroger l’histoire de Saint-Louis du Sénégal et de La Nouvelle-Orléans en les confrontant l’une à l’autre. L’objectif est d’analyser la manière dont différentes situations coloniales et milieux urbains s’influençaient les uns les autres. Comment ces deux villes portuaires et fluviales créées ex-nihilo par les Français participèrent-elles de la situation colonial locale spécifique, tant dans leurs rapports avec l’extérieur que dans leurs dynamiques internes ? Quel rôle jouèrent-elles dans la mise en place et les transformations de la situation coloniale et, réciproquement, comment la situation coloniale contribua-t-elle à les façonner ? Comment se firent jour, dans leurs dynamiques internes et dans leurs rapports avec l’extérieur, les tensions entre le projet d’imposition de la domination coloniale, jamais pleinement réalisé, et les phénomènes de résistance, de contournement ou d’accommodement que cette volonté de domination généra dans un environnement urbain? Quels autres phénomènes échappant à la situation coloniale jouèrent également un rôle dans les transformations de ces villes ?

L’hypothèse que nous voudrions tester est qu’en dépit de leur intégration au sein de l’empire ou de l’Atlantique français et des relations existant en conséquence entre elles, ces deux villes ne relevaient pas exactement du même monde. Leurs histoires étaient connectées : les migrations (forcées), circulations et échanges qui se développèrent entre elles purent contribuer à transformer chacune de ces sociétés. Leurs histoires ne se confondirent toutefois pas. Il est donc impossible de proposer un seul et même récit pour les deux villes. Au contraire, une triple temporalité se dessine : celle de Saint-Louis dans son environnement régional en Afrique de l’Ouest, celle de La Nouvelle-Orléans dans son environnement nord-américain et caribéen, et celle de la formation impériale ou atlantique qui les englobait et les connectait, ce lien se rompant de surcroît au milieu du XIXe siècle. Près d’un siècle plus tard, dans le contexte du mouvement des droits civiques et d’une résurgence des mémoires de la traite, de l’esclavage et de la colonisation, la musique devint un vecteur privilégié à La Nouvelle-Orléans afin de revendiquer un héritage africain et renouer des liens entre Sénégal et Louisiane.

Ce colloque fait suite à une première manifestation organisée à l’Université Gaston Berger à Saint-Louis du Sénégal les 4-7 juin 2012. Les papiers présentés lors de ce premier colloque ont été réécrits et réorganisés pour le second qui aura lieu à Tulane University à La Nouvelle-Orléans les 22-25 avril 2013. Comme à Saint-Louis, les articles pré-circuleront. Ils ne donneront lieu à aucune présentation orale, l’essentiel du temps étant consacré à la discussion. L’objectif de cette organisation est de mettre en pratique une réelle histoire comparée et croisée des deux villes et de parvenir à un ouvrage collectif, publié à la fois en français et en anglais, dans lesquels les articles sur chacune des deux cités dialoguent véritablement entre eux. Les langues du colloque néo-orléanais sont le français et l’anglais.

La musique constituant une dimension essentielle de la culture de chacune des deux villes et un vecteur privilégié d’influence culturelle – imaginaire ou réelle – entre elles, le colloque néo-orléanais accordera, comme celui de Saint-Louis, une place importante à ce thème et fera intervenir des musiciens sénégalais et louisianais de différentes façons. La journaliste de RFI Valérie Nivelon et le professeur de Tulane Matt Sakakeeney intervieweront le joueur de xalam sénégalais Demma Dia et le joueur de banjo louisianais Don Vappie, ainsi que Cherisse Harrison-Nelson, leader d’une association de Mardi Gras Indians. Le groupe Njum Waalo (Demma Dia et ses quatre frères) et Don Vappie donneront un concert lors de la soirée finale du colloque. Enfin, le pavillon du Congo Square African Marketplace du New Orleans Jazz & Heritage Festival accueillera une exposition sur les relations entre le Sénégal et la Louisiane, incluant des démonstrations de musique et de fabrication du xalam.

Le colloque est organisé en partenariat avec RFI et WWNO. WWNO, l’antenne locale de la National Public Radio à La Nouvelle-Orléans, diffusera le concert de Don Vappie et du groupe Njum Waalo Band. Une nouvelle émission de La Marche du Monde par Valérie Nivelon suivra la réunion de La Nouvelle-Orléans.
Télécharger l’émission diffusée après le premier colloque à Saint-Louis.
RFI Musique a également mis en ligne un article à propos des rencontres musicales lors du colloque de Saint-Louis.

>voir le programme du colloque à Saint-Louis du Sénégal, 4-7 juin 2012
>voir le programme du colloque à la Nouvelle-Orléans, 22-25 avril 2013

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