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Sabine Guez

Doctorant(e)

Sabine Guez étudie les processus sociohistoriques de construction de la légalité et de la légitimité, et les usages et les manipulations idéologiques et empiriques de la loi qui sont à l'œuvre dans les stratégies et les pratiques quotidiennes de la ville-frontière de Ciudad Juárez, dans un contexte de narcotrafic omniprésent. (sous la directions d'Alban Bensa)

Descriptif de la thèse

À l’ombre d’une industrialisation rapide, l’économie de la drogue est en plein essor depuis les années 1980 dans le Nord mexicain. A Ciudad Juárez et dans sa « ville jumelle » au Texas, El Paso, l’une des principales portes d’entrée des stupéfiants aux États-Unis, les occasions de participer directement et indirectement au trafic se sont développées et banalisées. Les agents sociaux les saisissent et s’en servent. Ainsi, sous les ordres de quelques « macisos » (les grosses pointures) travaillent d’innombrables « achichincles », petites mains recrutées comme passeurs, transporteurs, dealers, etc. Pour les défendre devant la justice, il faut des avocats. Pour l’entretien de leurs maisons, des femmes de ménage. Pour les soigner, des médecins. Et des protecteurs, dans la police, et des amis, pour les sortir d’une mauvaise passe ou faciliter une livraison sur le territoire nord-américain.

Sabine Guez, dans son travail, étudie donc le narcotrafic comme une activité collective, inscrite à la croisée de mondes du travail dont les acteurs sans être tous des trafiquants coopèrent d’une manière plus ou moins directe à ce négoce illégal. Elle s'intéresse aux modalités et aux logiques microsociales d’appropriation de ces opportunités à la frontière du légal et de l’illégal, ainsi qu’à la rationalisation d’activités pour la réalisation desquelles des codes moraux sont transgressés. Elle replace ce relâchement normatif, observé de haut en bas de l’échelle sociale, dans le contexte de changements structurels d’ordre macroéconomique et politique. Par-delà l’option de travail qu’il présente, le trafic de stupéfiants donne chair à une « forme de vie » singulière, qui s’exprime en maints espaces sociaux à Ciudad Juárez et El Paso. À partir de l’ethnographie de pratiques sociales, économiques et politiques, de façons de faire et de dire, strictement situées du point de vue historique, sa thèse vise à interroger le phénomène de compénétration du narcotrafic et de la société frontalière.

 

Publications

  • « À la frontière du légal et de l´illégal, travail et narcotrafic à Ciudad Juárez (Mexique) et El Paso (Etats-Unis) », Problèmes d´Amérique latine, n° 66-67, automne-hiver 2007, p. 9-20. 
  • « La frontière et au-delà. Une enquête ethnographique sur le narcotrafic à Ciudad Juárez (Mexique) et El Paso (Etats-Unis) », Cultures & Conflits, n°72, hiver 2008, p. 13-29.
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